• Concours #1: " Mots en Cage: journal du confinement"

        

    Voici le texte de mon premier concours, avec Librinova: des mots sur le confinement, en vrac, à vif, comme à mon habitude..

     

    "A priori, nous sommes Samedi.... un jour de mai... paraîtrait-il qu'hier était férié...et j'aurai même fêté

    mes 41 et une bougies il y a quelques jours....parce que le temps a pris une autre dimension depuis tout

    ça.Il file autrement et se joue une nouvelle partition, plutôt complexe il faut l'avouer, que je ne

    connaissais pas... et pourtant , il m'a fallu la suivre. Etrange sensation depuis quelques semaines: une sorte

    d'arrêt sur notre vie -d'avant?-: période de trouble et avec elle ,une multitude de ressentis qui ne cessent de

    s'entremêlés, s’entrechoqués: exacerbés par le paradoxe émergent du souhait d'une autre vie... -le jour

    d'après- et celui de retrouver notre vie d'avant.

    En ce jour J et des poussières, me voilà tiraillée, en mode surcharge mentale: à la fois virevoltante à l'idée

    d'entreprendre -enfin- toutes ces choses listées sur des tonnes de cahiers et de feuilles en tout genre:

    bullet, to do list, carte mentale, pos its, tableau d'inspiration...-oui,parce que chez moi la résistance est

    forte-, à l'idée de trouver ce fameux espace de sérénité tant idéalisé, pour enfin franchir le pas du faire

    pour moi : introspecté, franchir le pas, trouvé la clé: cette fameuse clé du bien être promis par tout un tas

    de livres, blogs, articles....le graal! parce qu'à 41 ans, c'est la moindre des choses! Redonner du sens à ma

    vie , ré apprendre à prendre le temps et ne plus combler, accumuler, automatiser... répondre à la

    commande d'un presque faux self, bien trop discipliné: ne plus me sentir comme à côté de

    moi...virevoltante donc mais tout aussi angoissée:et si encore une fois, je n'y parvenais pas, éparpillée,

    toujours la peur au ventre, à vouloir faire de trop grands pas... et si nous courriions après des

    chimères...moi et mes vieilles docs, complices de toujours, arme redoutable pour affronter chaque matin

    la course effrénée de ma première journée: celle du 7h/ 8h30: notre marathon de New York à nous, un

    exploit quotidien, même que parfois tout se passe bien.

    Ces dernières semaines ont été rudes, éprouvantes, mettant à mal toute notre tribu...d'abord sidérée: plus

    d'écoles, plus de travail...- enfin plus de tout ça en dehors de la maison, mais ça , nous en avons pris la

    mesure quelques jours après!- plus de sorties, plus de week-end en familles.... il nous a fallu

    réaliser:rassembler nos esprits parce que cette situation:nous l'avons vécu comme un effondrement, un

    tremblement de terre psychique venant mettre à mal tout notre système de vie, social, familial, affectif...

    en jouant avec nos peurs, les plus archaiques, les plus enfouies...A ce moment là, j'ai pensé très fort à nos

    trois loulous.

    Ce fameux jour: la dernière journée, comme un cauchemar éveillé:aller à l'école , sans trop bien

    comprendre-je l'ai vu si fort dans leurs yeux-pour écouter des consignes préparées à la hâte et remplir le

    cartable de tout un tas...Ce fameux matin, où j'ai croisé le maitre de loulou , perdu, abasourdi, faisant les

    cents pas devant le portail de l'école, le regard troublé et les quelques mots prononcés dans sa barbe,un

    peu confus:d'ailleurs je ne suis pas certaine d'avoir été plus claire parce que moi même assez fébrile je

    dois l'avouer.

    Je dis tout un tas parce que le soir,lorsque j'ai ouvert les cartables de nos deux loulous en primaire, j'ai

    compris l'étrangeté de cette journée et la détresse de chacun: prendre un maximum de choses parce qu'il

    s'agira de faire quand même , de faire quoiqu'il en coute à chacun: des trousses remplies à ras bord, un

    dico, un cahier fabriqué avec tendresse par la maitresse- je crois bien que c'est la fée clochette, elle

    s'appelle Alice et on est unanime: on l'adore- de notre dernière, des manuels que je n'avais encore jamais

    vu pour loulou... des cartables lourds et débordants.... Il s'agira alors de trouver cette alchimie

    impossible:dédramatiser une situation inconnue, désamorcer les angoisses de chacun mais sans se

    détendre vraiment: il nous faudra réaliser dans notre maison confinée, avec un rythme différent les tâches

    que nous faisions avant mais autrement: jongler avec les espaces , avec le temps...casse tête quotidien.

    Oui,la tâche a été rude, vertigineuse: nous avons essayé fort, très fort: entre crises et accalmies: je me suis

    couchée quelques fois, bien trop de fois: culpabilisée par la version édulcorée du confinement relayée par

    les réseaux sociaux: faire son propre pain et le réussir, jardiner en et enseigner façon Montessori, revenir à

    l'essentiel, trouver l'harmonie de vivre en famille... parce que chez nous, tout ne s'est pas passé comme

    cela... Oui nous avons cuisiner, oui quelques fois le pain a même gonflé, oui nous avons eu des moments

    de bricolage heureux, oui nous avons pu nous caliner plus, discuter, partager mais pas toujours...

    Ici la tribu tout entière à résister! Le plutôt fort petit caractère de chacun à émergé, en mode énervé,

    paniqué, en colère et il a fallu composer...Notre grande petite ado, dont le corps tout entier a choisi son

    moment pour un début de crise assez prometteur, je dois le dire, a vécu un début de confinement

    bouleversant: elle aime, elle, aller au collège : cette année, qu'elle appelle son année, de découvertes:le

    foyer, les copines, le club chorale... Elle aime passer une partie de ses soirées au conservatoire, y boire

    des chocolats chauds entre les cours, elle aime se donner rendez vous chaque matin avec son meilleur ami

    pour trouver ses premiers espaces de libertés de grande en devenir- encore bien balisé parce que pour ma

    part, je n'étais pas prête autant qu'elle- elle aime ses entrainements d'athlétisme , ressentir le trac de ses

    premières compétitions...Alors que tout ce la s'arrête, comme cela, de ces mots 'on me vole ma

    sixième'...Comment faire quand on a bientôt 12 ans pour bien vivre cet évènement et apaiser sa peur:

    parce que je n'en ai pas encore parlé: mais oui , nous avons peur de cette maladie, inconnue...nous avons,

    au fond de nous, du trouver la force, chacun à notre façon, de vivre avec cette peur, pour ceux qu'on aime,

    pour les autres et pour nous...et avoir peur, nos loulous savent déjà:parce que bien malgré eux et beaucoup

    trop tôt, ils ont appris que la vie est vulnérable, et que leur papa aussi:oui, leur papa, fort comme hercule

    qui chaque jour depuis 4 ans, transforme une maison " toute vieille" comme le dit notre dernière, en notre

    maison à nous, " du rénové qui ressemble à du vieux" des mots de notre grande, toujours très critique

    envers nous- mais chez elle, c'est presque une marque d'amour quand elle ose dire sans filtre - et bien son

    coeur , il a du être réparé- de nos mots à nous quand il a fallu leur expliquer il y a quelques année et

    plusieurs fois jusqu'à ce vendredi 17 janvier 2020 qui a duré une éternité: une intervention lourde et un

    passage en réanimation dont les images me hantent encore le soir... Alors la peur est là, on se sent

    vulnérable et comment faire oui quand on est une pré-ado de 12 ans, qu'on a peur et qu'on ressent comme

    une injustice d'un évènement, un scénario auquel on ne se prépare pas... Elle a étiré le temps, chaque jour,

    anxieuse face au travail à la maison: elle si curieuse, pleine de vie , pleine de fulgurances... Gran'nana,

    comme j'aime l'appeler est une "zébrette" avec tout le package qui va avec mais ça c'est une autre histoire,

    quoique.... une "zébrette" qui s'ennuie c'est une cocotte minute qui peut exploser à tout moment ... C'est

    installé entre nous deux une sorte de conflits quotidiens, du nouveau pour moi, déstabilisant... une petite

    guerre des nerfs... elle me réclamant de l'espace et de l'autonomie mais ne supportant pas de me voir lui

    donner, moi en pression permanente des devoirs à rendre en temps et en heure... il s'est joué les premiers

    jours les premices d'une relation mere/fille qui change: la laisser grandir sereinement , la guider mais

    prudence :ne rien réparer de moi, non surtout pas et devoir vivre ces temps de travail/ école sur un même

    lieu, lui reléguer des messages de profs, lui envoyer ses devoirs de ma boite mail sans y mettre mon nez....

    rester sa maman avant tout...

    Parce que très vite, notre maison s'en est trouvée toute chamboulée , elle aussi: une salle à manger

    devenue espace de travail scolaire-on y expérimente de la science, on y construit une frise chronologique,

    on y récite de l'anglais-un espace de travail et de rédaction pour moi, sans oublier un espace de bricolage,

    de cuisine, et de sports:d'ailleurs, je ne suis plus si sûre qu'une rénovation effet loft soit si judicieux que

    ça... mais ça , je ne le dirai pas à mon homme... parce que lui, le savait et moi j'ai insisté, insisté... comme

    pour la peinture bleu canard, le carrelage mosaique et ces vieilles chaises rénovées: parce que sur les tutos

    ça avait l'air si simple! Cela fait bientôt deux ans, il m'en reste encore deux et je ne compte plus les heures

    de ponçage et le nombre de couches monocouche!

    Très vite, je me suis levée à l'aube : pour préparer cette fameuse continuité pédagogique:parce qu'après la

    sidération collective,les mails ont commencé à affluer, révélant la créativité dont on du faire preuve les

    profs et instits de nos loulous: dessins, poésies à filmer, concours d'affiche, padlet, expositions à faire

    chez soi, programmation informatique.. : me lever, boire mon café solo- le seul de la journée-et lire,

    imprimer, trier, planifier... afin que leur plan de travail soit réglé pour la journée- enfin pour la demijournée-

    parce qu'il faut l'avouer, après plusieurs semaines de réorganisation, de plannings sur le frigo

    façon super nanny, de cartes mentales: on n'a pas pu faire plus... me sentant coupable -au début- pas trop

    à la hauteur...

    Les jours se sont écoulés avec ce drôle de rythme,les soirées se sont prolongées... encore et encore... un

    rythme de vacances sans les vacances...la salle à manger s'est transformée progressivement en salle de

    classe...Gérer tout cela avec un seul ordinateur: devenu l'épicentre d'une organisation familiale nouvelle,

    parfois excitante , d'autres chaotique mais le plus souvent éreintante.

    Il m'a fallu jouer avec le temps pour trouver des moments propices au télé- travail: des horaires décalés,

    des procédures nouvelles: le comble pour moi: faire un métier de rencontres-je suis travailleur social- en

    étant confinée , faire du lien avec des personnes vulnérables de chez moi, moi-même fragilisée, mal

    organisée, débordée...Je me suis mise à douter de tout... comme ci je ne savais plus faire.. ce que je fais

    depuis presque 20 ans.... j'ai commencé à comprendre l'impact de cette situation, l'ampleur du

    chamboulement.. un mauvais rêve difficile à conscientiser... se sentir à la fois à l’abri mais vulnérable,

    protéger mais sur un fil... funambule dans un quotidien familier mais tant pourtant étranger.

    Les taches se sont enchainées et je me suis perdu dans une multitude d'activités réjouissantes mais bien

    trop denses... d'ailleurs, le reflet ne ment pas aujourd'hui:j'ai maigri, beaucoup... et étrangement, alors que

    depuis la naissance de notre dernière, je me débattais avec quelques kilos persistants: cette perte de poids

    me perturbe un peu... et ce soir, la vieille du 'déconfinement': je me sens comme dans du coton...une moi

    fatiguée, un peu apeurée par le dehors... par mon travail, par les autres...par la vie de demain... les repères

    ont bougés et le sol reste mouvant: déconfinés mais sans école: nous ne prendrons aucun risque face à la

    maladie de mon conjoint. De nouveau le droit de sortir, masqués,: appréhender ces nouveaux gestes,

    retrouver les nôtres mais pas comme avant: le chemin est encore long, semé de questionnements... ne pas

    trop montrer à nos loulous que moi aussi, j'ai peur, je ne sais pas vraiment.

    Parce qu'enfermés, nous nous sommes sentis protégés, privilégiés aussi de l'être....notre maison est

    devenue un cocon - bordélique- mais enveloppant: cette vieille maison que nous rénovons depuis

    plusieurs années, marqués par la présence d'autres, a pris une autre âme... elle est devenue notre: il n'aura

    pas suffit de reconstruire, recouvrir, réaménager: non... je me suis mise à l'aimer autrement et à y mettre

    de moi, de nous: je l'ai redécouverte et y vivre n'est plus la même chose....

    Et puis au fil, d'autres habitudes ont émergé : des petites bulles de bonheur: des après midi riches de

    moments de découvertes, apprendre les échecs, semer dans notre potager - espace de verdure très

    anarchique dans lequel mon conjoint laisse vivre sa créativité bien singulière, lui que j'ai rencontré citadin

    sinon rien- de vieilles graines découvertes comme des trésors, inventer son propre manga, décider de

    perfectionner son anglais, fabriquer un grimoire de sorcière, se fabriquer un attrape-rêve pour chasser tous

    ces vilains cauchemars, se rendre compte que Loulou -notre deuxième , ' zèbre ' aussi mais tellement

    différent de grand'nana, notre petit prince ,la tête dans la lune en permanence ,qui a décidé qu'il n'aimait

    pas écrire.-et bien, le monde qu'il s'est créer sur son jeu préféré : c'est un monde fou, que tout seul il a

    appris la programmation et que dans sa tête,y a des tonnes d'idées qu'il attendait tellement de partager ...

    mais nous , on avait pas le temps ...Se rendre compte que notre dernière princesse a déjà acquit la

    philosophie d'un vieux sage,"une rassembleuse d'âme" m'avait la maman d'une de ses copines- j'en ai

    pleuré ce jour là- mais c'est tellement vrai : elle nous sème chaque jour des graines d'arc en ciel dans la

    maison, tient un bullet journal et du haut de ses 8 ans , elle rêve d’être écrivain...Chacun de nous a fait des

    pas vers l'autre, vers lui même... une désintox d'un quotidien, rempli du faire mais pour faire quoi? Prise

    de conscience bénéfique: il nous a fallu ce vide nécessaire , nous ennuyer forcés pour se sentir nous même

    et trouver un espace de liberté dans une situation d'enfermement.

    Alors ce soir, je me sens tiraillée, éprouvée ...je me sens renouée avec une partie de moi oubliée...Au fil

    des jours,je me suis mise à trier, chaque recoin de ma maison telle une petite fourmi laborieuse- il faut

    savoir que chez moi, le rangement est source de complication: je ne sais pas faire: je répands, j'entrepose

    et j'ai la fâcheuse tendance à combler chaque espace vide- il m' a fallu m'imposer une rigueur, chaque

    jour: apurer, interroger la place de chaque chose...entreprise curative, réjouissante même...un contenant

    quand j'y pense: rester concentrer sur la tache, en musique de préférence: des moments de paix et

    d'introspection: je me suis laissée replonger dans le flots de mes souvenirs, me reconnecter, me souvenir

    mais sans juger, sans bilan, juste ressentir. Et après la sensation de vide et de vertige, il y a eu la sensation

    de vie... pleinement parfois.... et ressentir une sensation de vie sans vertige, pour moi ,est chose rare ,

    donc précieuse: la blessure d'une moitié-moi absente est souvent en fond de décor... je n'aurai jamais pris

    ce temps si tout cela... il était plus facile de combler pour panser et je sais que cette première marche ne

    doit pas être la seule: il s'agira de ne pas redescendre l'escalier, encore une fois, comme à chaque fois... en

    haut,la vue doit être dégagée, elle doit être belle:paraitrait -il qu'une fois en haut, il n' y a plus d'envers du

    décor mais un champ des possibles....

    Demain, nous allons reprendre le chemin , au fil, peu assurés : je ne sais pas à quel point nous serons

    marqués par cette période irréaliste, nous n'en mesurons pas la mesure: dans notre rapport aux autres, au

    monde, à nous même... nous avons bouleversé beaucoup de nos habitudes: une mue... douloureuse

    ,éprouvante, fragilisante...

    J'ai appris à ré écouter l'autre, à ressentir autrement, à accepter le vide et parfois le vertige.

    J'ai observé nos enfants, découvert un peu plus qui ils sont,revu la copie de mes exigences et ré ajuster les

    choses... les laisser rêver, s'ennuyer, élucider, les aimer encore plus fort, les laisser devenir ce qu'ils sont

    tout au fond d'eux...

    j'ai ri de nouveau avec mon conjoint, j'ai senti que le temps pouvait s'étirer...qu'il était précieux ..Je l'ai

    laissé géré-même que ça m'a fait du bien- et je crois qu'à lui aussi... et la deuxième salle de bain... je lui

    laisse choisir... et elle va être classe!

    J'ai ré écouté avec tendresse les histoires du passé de ma grand-mère-une dame extra pas ordinaire avec

    qui j'ai un millier de souvenirs, toujours drôle mais lucide: je lui dois tellement: avec elle , je n'étais plus

    moitié-moi mais une enfant c'est tout: c'est sure c'est grâce à elle...ce pouvoir de voyager juste en

    poussant les murs d'un quotidien modeste parce que la vie, ça doit être un conte,-une BD si tu veux-mais

    tu as le pouvoir d'en rire ou bien d'en rire.

    J'ai appelé ma mère, mon phare quoiqu'il arrive... parce qu'avec elle, les mots soignent toujours tous les

    maux.. elle a encore ce pouvoir mais maintenant il est temps que les miens apaisent les siens...J'ai glissé

    des maux tendre à celui qui depuis presque toujours , avec tout son amour, répare ce moitié moi...je l'ai

    choisi grand-père , ils n'auront pas ce vide... et l'histoire devient belle.

    Il est 22H08: je n'ai pas rangé les crayons de couleurs, livres , cahiers sur la table de la salle à manger...ni

    mis en route le lave vaisselle...je me sens tiraillée mais vivante et ce soir , le bruit de la télé, de la musique

    de notre grande ..deviennent mon envers du décor... je gravis une nouvelle marche, et je me sens vivre ce

    champ de tous mes possibles...

    Des mots comme ça, en vrac...brouillons comme dans ma tête..j'ai peur mais c'est normal..je me sens

    vivre et ça , c'est plutôt bien"

    « La loge des gardes: comment s'amuser en famille et en pleine nature!
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