• Vous avez dit "baby blues"

    Parce qu'aujourd'hui, je peux en parler, oser en parler: bien sur je suis tiraillée encore par la culpabilité: pourquoi moi, pourquoi lui... mais oufffffffffffff je souffle, je me pardonne enfin un peu...

    Mon loulou a trois ans: il est beau, lui ses grands yeux noisettes, son sourire malicieux et charmeur, mon petit 'évan mac grégor' à moi: aujourd'hui partage de grands moments de complicité, de tendresse. On a nos petits rituels: par exemple celui du mardi après-midi: sa petite soeur à la crèche, ma grande à l'école: on reste tous les deux : jeux, ballade, sieste....un petit moment rien qu'à nous, 'notre petite bulle de savon', de bonheur...

    Mon loulou est donc né il a trois ans: une grossesse fatiguante, des douleurs ligamentaires, un bébé bas et du repos imposé des le sixième mois: il parait d'après notamment mon homme, que j'ai été pénible , raleuse, impatiente.. je me rappelle pas.

     

    Loulou est arrivé un soir, après un accouchement pas trop difficile: d'autant plus que ma première est née par césarienne. Mon loulou, mon ti homme est arrivé: j'étais heureuse, comblée , épuisée mais tres vite décontenancée par mon ti homme: une tite crevette toute fragile, à la peau d'opale (une fois les rougeurs de l'accouchement passée):il me semblait si fragile et j'avais l'impression que chacun de mes gestes ne convenait pas à le rassurer, l'apaiser...

    Dès mon retour à la maison, ( au bout de deux jours et demi): je me suis sentie de plus en plus fragile, mal, fatiguée: par des suites d'accouchement très compliquées en terme de douleurs notamment et de l'épuisement: mon loulou pleurait quasi jour et nuit: je me souviens que je marchais en long et en large dans l'appartement: ti lou dans le porte bébé: rien n'y faisait...

    Notre grande avait alors 2 ans et au même moment : n'a cessé de développé des bobos en tout genre: otite, erythèmes fessiers assez graves, gastro...dur dur pour elle aussi

    Je me souviens avoir perdu 9 kilos en une semaine: ce qui a tué mon allaitement. J'étais à bout,les seuls moments qui apaisaient mon fils étaient justement l'allaitement sauf que ma grande hurlait pendant ce moment ou lui semblait s'apaiser,je me souviens que j'attendais le retour du travail de mon homme pour qu'il prenne la relève, je me souviens que je râlais quand mon loulou se réveillait la nuit(quand je devais me reveiller alors que je parvenais parfois à dormir que 2 h sur 24h), je me souviens que je mettais mon premier café en route vers 5h30 du matin, après des nuits blanches à répétition en me disant peut être que ce soir, il dormira enfin...

    Je recevais des textos de félicitation, de mail me disant tu dois être le plus heureuse,  et je partais pleurer dans les toilettes, de fatigue et de culpabilité: je me sentais vide, je détestais mon corps qui me le rendait bien, j'avais mal de  partout et je ne parvenais pas à entrer en relation avec mon fils: impossible d'en parler, j'avais souhaité une fraterie rapprochée et voilà que c'était trop dur et en fait trop dur: mais pourquoi?!!!!

    D'ailleurs, aujourd'hui ,je me rends compte que les mots sont encore compliqués à trouver parce que ce moment là est complexe à définir: j'ai aimé mon fils dès l'instant ou j'ai su qu'il était dans mon ventre, ça je le sais et pourtant il nous a fallu apprendre à nous connaître, nous reconnaitre, au fil du temps.

    Peut-etre aussi que j'ai vécu son arrivée en point comparaison avec l'arrivée de sa grande soeur: pendant que je l'attendais , j'ai pris 17 kgs, je mangeais , dormait,tout semblait facile et quand elle est née, une évidence: mes premiers gestes, les premiers changes, les premiers regards... Il m'a fallu accepter que pour Ylan , mon deuxième, ben j'y arrivais moins, il a fallu trouver d'autres gestes, d'autres façon et prendre le temps: et puis il a fallu aussi que notre petite tribu laisse une place à petit lou: nous avions nos rituels, nos habitudes à trois et Nana, notre aînée, est une petite fille hyper émotive et nous lui consacrions beaucoup de temps: il a fallu trouver un nouvel équilibre notamment entre les besoin de notre bébé et ceux de notre "grande" encore petite.

    Je n'ai osé en parler à personne: de ma tristesse que je ne m'expliquais pas, de ma fatigue, lors des visites je souriais: je ne parvenais pas à dire "c'est dur, il pleure et je ne sais pas pourquoi": j'ai ruminé, repris le travail. Me suit la barre haute et n'ai pas voulu voir que je craquais. Je détestais ressentir, comprendre que je vivais un baby blues parce que je dvais avoir peur du regard, de l'incompréhension.

    Au fil des semaines, mon lou et moi avons commencé à créer notre relation à nous: il y a eu des déclics , des déclancheurs bien surs: un rendez-vous chez l'osthéopathe pour essayer de comprendre les pleurs de notre loulou: des douleurs?, des tensions? , des maux de ventre? ce rendez-vous a été réeLlement une prise de conscience pour moi: l'osthéopathe a posé une question: estc e que ce petit homme a trouvé sa place dans sa famille? Je suis sortie à fleur de peau mais j'ai enfin lacher prise, arrété de me poser trop de question, me suit fait confiance et j'ai tissé une relation propre à nous deux (fini les points de comparaison);j'ai mis des mots sur ma fatigue et mes douleurs aussi et ai fini par accepter de demander de l'aide.

    En osant parler de ma fatigue , de mes douleurs qui prenaient le dessus: j'ai pu partager avec des personnes, des mamans autour de moi et me suis rendue compte que je n'étais pas la seule!!!!! j'ai moins culpabilisée...je dis moins...

    Mon homme m'a aidé, comme il a pu,: un jour, il est revenu avec un bouquin "Le lait noir " de Elif Hafak , édition Phébus, Paris 2009 (LE MONDE DES LIVRES | 19.11.2009) : je l'ai lu avec beaucoup de plaisir, d'émotions et il m'a aidé: je le conseille.

    Aujourd'hui, tout va bien, est arrivée notre troisième lutin il y a deux ans, pas de baby blues, des suites d'accouchement quasi sans douleur et notre tribu s'organise autour de nous 5: mon loulou est un enfant sensible, plutot calme, nous avons une relation très tendre, lui si timide me parle beaucoup, le soir surtouT quand seS soeurs dorment et nous adorons ce moment à nous deux.

     

     

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